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Facturation électronique : ce qui change pour votre commerce

Vous avez sûrement entendu que la facture électronique, « c'est en 2027 ». C'est à moitié vrai, et la moitié fausse tombe le 1er septembre 2026. Voici ce qui vous concerne vraiment quand vous tenez une boutique, un bar ou un restaurant.

Commerçant derrière le comptoir de son tabac-presse, factures et paperasse posées près de la caisse

La réponse courte, si vous n'avez que trente secondes.

1er septembre 2026 : toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent pouvoir recevoir une facture électronique. Vous compris. C'est dans quelques semaines.

1er septembre 2027 : les TPE, PME et micro-entreprises doivent aussi émettre leurs factures en électronique vers leurs clients professionnels, et transmettre les données de leurs ventes aux particuliers.

Vos ventes au comptoir ne deviennent pas des factures électroniques. Un ticket de caisse reste un ticket de caisse.

Non, 2027 n'est pas votre seule date

La réforme a deux volets, et on ne retient généralement que le second. Émettre des factures électroniques, pour une TPE ou une PME, c'est bien le 1er septembre 2027. Mais recevoir, c'est le 1er septembre 2026, et là il n'y a pas de taille d'entreprise qui tienne.

La raison est simple. Le même jour, les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire, elles, commencent à émettre. Votre grossiste en boissons, votre meunier, votre fournisseur d'emballages, votre bailleur s'il est adossé à un groupe : à partir de cette date, leurs factures partent au format électronique dans un circuit précis.

Si vous n'êtes raccordé à rien, ces factures n'arrivent pas là où elles devraient. Vous les récupérerez peut-être par un autre biais, en dépannage, mais vous serez hors du circuit prévu et vous perdrez du temps sur chaque facture.

Le cadre a été bouclé cet été. Le décret n° 2026-677 et l'arrêté du 27 juillet 2026 ont finalisé le dispositif et confirmé ce calendrier sans le décaler. Il a été repoussé plusieurs fois avant, ce qui explique la lassitude ambiante, mais cette fois les textes d'application sont sortis à quelques semaines de l'échéance.

Micro-entreprise et franchise de TVA : vous êtes dedans

C'est le point où beaucoup de commerçants se trompent, et l'erreur est compréhensible.

Être en franchise en base de TVA veut dire que vous ne facturez pas la TVA et que vous ne la reversez pas. Beaucoup en concluent qu'une réforme de la TVA ne les regarde pas. Sauf que le texte vise les entreprises assujetties, et une micro-entreprise en franchise reste assujettie. Elle est simplement non redevable.

Traduction pour vous : même en micro, même sans TVA sur vos factures, vous devez pouvoir recevoir une facture électronique au 1er septembre 2026, et en émettre vers vos clients professionnels au 1er septembre 2027.

Si vous ne vendez qu'à des particuliers, la partie « émettre » vous concernera peu en pratique. La partie « recevoir » vous concerne quand même, parce que vous avez des fournisseurs.

Vos ventes aux particuliers, et l'e-reporting

Voici la bonne nouvelle, et elle est réelle. La facture électronique obligatoire ne concerne que les échanges entre entreprises et avec le secteur public. Vos ventes au comptoir, à des particuliers, n'entrent pas dedans.

Concrètement, le client qui achète son pain ne va pas recevoir une facture structurée. Votre ticket de caisse reste un ticket de caisse. Personne ne va vous demander de changer ça.

Mais il y a un second dispositif, moins commenté, et c'est celui qui vous touchera le plus : l'e-reporting. Il ne s'agit plus d'envoyer une facture à un client, mais de transmettre à l'administration les données de vos transactions, de façon périodique et agrégée.

Pour les grandes entreprises, l'e-reporting démarre au 1er septembre 2026. Pour une TPE ou une PME, il suit le calendrier d'émission, donc le 1er septembre 2027. Vous avez un an de plus, ce qui est confortable, à condition de ne pas découvrir le sujet en août 2027.

Ce que ça change dans votre boutique : vos données d'encaissement vont devoir sortir de votre caisse proprement, ventilées correctement, et partir vers l'administration par le même canal que le reste.

Ce qu'est une plateforme agréée, et ce que votre caisse n'est pas

Si vous ne retenez qu'un paragraphe de cet article, prenez celui-ci.

Un logiciel de caisse n'est pas une plateforme agréée. Ce sont deux métiers différents, et vous aurez besoin des deux. Méfiez-vous de tout vendeur qui laisse entendre le contraire.

Une plateforme agréée, ou PA, est un opérateur immatriculé par l'administration fiscale pour transporter les factures électroniques et les données de transaction. C'est un statut officiel, obtenu après examen, pas une case à cocher sur une plaquette commerciale. Le vocabulaire a d'ailleurs changé cet été : on parlait de PDP, pour plateforme de dématérialisation partenaire, et le décret de juillet 2026 a rebaptisé ces acteurs « plateformes agréées ».

Elles sont nombreuses. Au milieu de l'été 2026, la liste officielle en comptait plus de cent cinquante, éditeurs de facturation, opérateurs de dématérialisation, banques, cabinets comptables adossés à un outil. Votre expert-comptable en utilise très probablement déjà une.

Au passage, le portail public de facturation a changé de rôle en cours de route. À l'origine il devait pouvoir recevoir et émettre directement les factures. Il a été recentré sur un rôle d'annuaire central et de concentrateur de données. Autrement dit, vous ne passerez pas par un guichet public gratuit : vous passerez par une plateforme agréée.

Votre caisse, elle, fait un autre travail, et il est tout aussi nécessaire.

Ce que votre caisse doit savoir faire, elle

La plateforme transporte. La caisse produit la matière. Si la matière est sale, le transport ne sauve rien.

Ce qu'il est raisonnable d'attendre de votre logiciel d'ici 2027 :

Rien là-dedans n'est exotique. Une caisse sérieuse fait déjà l'essentiel. Le vrai travail, c'est de vérifier que la vôtre le fait, et que vos fiches clients professionnels ne sont pas à moitié vides.

Et digabloPos dans tout ça

Nous recommandons digabloPos ailleurs sur ce site, alors autant être précis ici plutôt que vague. digabloPos est certifié NF525 pour la France, la certification anti-fraude qui concerne les logiciels de caisse, et son éditeur le présente comme prêt pour la facturation électronique. Le plan de base est gratuit, sans commission imposée sur vos encaissements.

Ce que nous n'écrirons pas : que digabloPos est une plateforme agréée. Ce n'est pas son rôle, pas plus que celui des autres logiciels de caisse. Pour le transport de vos factures, vous aurez besoin d'une plateforme agréée, la plupart du temps celle de votre expert-comptable. Toute caisse qui vous laisserait croire qu'elle vous dispense d'une PA vous raconterait une histoire.

Ce qui vous concerne selon votre situation

Votre casAu 1er sept. 2026Au 1er sept. 2027
Boutique qui vend surtout aux particuliersPouvoir recevoirE-reporting des ventes
Commerce avec une clientèle pro (traiteur, grossiste)Pouvoir recevoirÉmettre en électronique
Micro-entreprise en franchise de TVAPouvoir recevoirÉmettre vers les pros
Restaurant, bar, salonPouvoir recevoirE-reporting des ventes
Grande entreprise ou ETIRecevoir et émettreDéjà en place

Ce tableau donne la logique générale. Votre cas peut avoir une subtilité, en particulier si vous mélangez plusieurs activités ou si vous vendez à l'étranger. C'est exactement le genre de question à poser à votre comptable, et elle prend cinq minutes.

Ce que coûte le fait de ne rien faire

Des sanctions sont prévues. Les montants qui circulent sont de l'ordre de 15 € par facture non conforme, dans la limite de 15 000 € par an, et de 250 € par manquement à l'e-reporting, avec le même plafond annuel.

Prenez ces chiffres comme des ordres de grandeur et faites-les confirmer par votre comptable, parce que les modalités d'application ont bougé plusieurs fois et que l'administration a l'habitude d'aménager une période de tolérance sur les débuts.

Franchement, l'amende n'est pas le vrai sujet. Le vrai sujet est opérationnel. Une facture fournisseur qui n'arrive pas dans le bon circuit, c'est une TVA que vous ne déduisez pas au bon moment, un règlement en retard, et une relance à traiter un samedi matin. C'est ça qui coûte cher dans un commerce.

Quatre choses à faire avant septembre

Rien ici ne demande d'investissement. Comptez une heure en tout.

1. Appelez votre expert-comptable et posez une seule question : « quelle plateforme agréée utilisez-vous, et est-ce que je passe par la vôtre ? » Dans une majorité de cas, la réponse règle le sujet de la réception. C'est le coup de fil le plus rentable de votre mois.

2. Vérifiez vos identifiants. Votre SIREN, votre adresse, votre raison sociale doivent être exacts et à jour. Une facture électronique se route sur ces données. Un numéro erroné et elle part dans le vide.

3. Nettoyez vos fiches de clients professionnels. Si vous facturez des entreprises, même occasionnellement, il vous faut leur SIREN. Commencez maintenant, tranquillement, plutôt que dans l'urgence l'an prochain.

4. Demandez à votre éditeur de caisse ce qu'il prévoit, par écrit, et à quelle date. Une réponse claire est un bon signe. Une réponse floue à trois semaines de l'échéance en est un autre.

Ce qu'il ne faut pas faire, c'est acheter dans la panique. Septembre 2026 va produire une belle vague de démarchage, avec des offres « spécial facturation électronique » et des arguments d'urgence. Votre obligation de septembre, c'est de pouvoir recevoir. Ça se règle le plus souvent avec votre comptable, pas avec un nouveau contrat de trois ans.

Où vérifier par vous-même

Ce sujet bouge et il touche à votre fiscalité, donc ne nous croyez pas sur parole. Les références officielles : le décret n° 2026-677 du 27 juillet 2026 et l'arrêté du même jour, publiés au Journal officiel et consultables sur Légifrance. La liste des plateformes agréées est publiée et mise à jour par la DGFiP sur impots.gouv.fr, et elle est aussi reprise en jeu de données ouvert sur data.gouv.fr.

Et surtout, votre expert-comptable connaît votre situation, ce qu'aucun article générique ne peut faire.

Une caisse certifiée NF525, sans abonnement pour démarrer

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Questions fréquentes

Je suis auto-entrepreneur en franchise de TVA, suis-je concerné ?

Oui. La franchise en base veut dire que vous ne collectez pas la TVA, pas que vous êtes hors du champ. Vous restez assujetti, donc la réforme s'applique : capacité à recevoir des factures électroniques au 1er septembre 2026, obligation d'en émettre vers vos clients professionnels au 1er septembre 2027.

Est-ce que mon logiciel de caisse suffit pour être en règle ?

Non, et c'est la confusion la plus répandue. Une caisse n'est pas une plateforme agréée. L'agrément est délivré par l'administration fiscale à des plateformes dont c'est le métier. Votre caisse prépare et structure les données, la plateforme agréée les transporte. Ce sont deux rôles différents, et il vous faut les deux.

Dois-je faire une facture électronique à un client particulier ?

Non. La facture électronique obligatoire concerne les échanges entre entreprises et avec le secteur public. Une vente à un particulier reste un ticket de caisse ou une facture au format que vous voulez. En revanche ces ventes entrent dans l'e-reporting : vous devrez transmettre les données de vos encaissements à l'administration, au 1er septembre 2027 pour une TPE ou une PME.

Que se passe-t-il si je ne fais rien au 1er septembre 2026 ?

Vos fournisseurs les plus gros commencent à émettre en électronique ce jour-là. Sans plateforme agréée raccordée, leurs factures ne vous parviennent pas dans le circuit prévu. Le risque immédiat est opérationnel, des factures qui se perdent et une TVA que vous ne pouvez pas déduire proprement, avant d'être un risque d'amende.

Le calendrier peut-il encore être repoussé ?

Il l'a déjà été par le passé, donc la question est légitime. Mais le décret n° 2026-677 et l'arrêté du 27 juillet 2026 ont confirmé les dates telles quelles, à quelques semaines de la première échéance. Se préparer en partant du calendrier actuel reste le pari raisonnable.